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Interview de Martine Buéno pour "Eurasian Finance "menée par Xavier Barnich
 

Martine Buéno, vous êtes à la tête de l’agence ‘Viva concertino’. Quelle histoire vit sous ce dynamique nom ?

La passion de la musique ! C'est cela l'histoire de Viva concertino. J'ai travaillé longtemps au service presse et communication du groupe Yves Saint Laurent cosmetic's puis en tant qu'Account manager, dans un groupe de travail temporaire. (Je négociais des contrats nationaux avec les grands groupes). C'était très intéressant… Mais lorsque vous faites le choix d'arriver en retard à un rendez-vous d'affaires pour écouter dans la voiture la fin d'un acte d'opéra, il est grand temps de prendre d'autres orientations professionnelles. J'ai donc décidé de m'engager vers un métier plus palpitant et en phase avec mes passions où je pourrai exploiter mes expériences précédentes. J'ai passé mon premier appel téléphonique de "prospection d'information" au secrétariat du RTLF (Réunion des théâtres lyriques de France)1 et j'ai eu la chance inouïe d'avoir comme interlocutrice une femme qui a répondu chaleureusement à toutes mes questions. Non seulement elle m'a communiqué les noms des personnes les plus influentes, mais aussi tous les arcanes du milieu musical. Pendant 6 mois j'ai fait un véritable travail de fourmis. Et de coups de fil en rendez-vous j'ai obtenu un stage au service presse des Chorégies d'Orange pour la saison 1998 puis à l'opéra de Vichy.

Ensuite je devais trouver un nom à cette future entreprise. Pour cela j'ai organisé avec mes proches un après-midi de travail, champêtre, un soir d'été sous une tonnelle…. Je cherchais un nom simple, facile à retenir, qui reflète l'environnement musical et surtout un nom qui "chante". Tel un brainstorming, j'ai noté toutes les suggestions que chacun lançait à la volée, des mots les plus sages au plus désuets : Viva, lyrique, voix, concert, concerto, concertino, etc. Le mot Viva nous semblait trop ordinaire, concerto était trop sec et manquait de lumière En définitive, c'est un enfant de 11 ans qui a réuni le "Viva" et le "concertino". L’agence de relations presse Viva concertino est née à cet instant. J'ai déposé le nom à l'INPI, créé juridiquement la structure et je me suis mise au travail pour trouver des clients. Après plusieurs mois de prospection, j'ai obtenu mon premier contrat. Mais je dois reconnaitre que le contrat qui m'a conforté dans ma voie et dans ce métier a été la prise en charge des relations presse de l'Auditorium du Musée d'Orsay.

Quelles sont vos pratiques de travail et les compétences requises propres à votre milieu? Quels sont les services que vous prestez pour vos clients?

Viva concertino est une agence de relations presse dédiée aux artistes et aux institutions dans l'environnement de la musique et l'opéra. Notre métier est de tout mettre en œuvre pour valoriser les artistes, les festivals, les événements ou les structures musicales que nous représentons auprès de tous les organes de presse nationaux et internationaux : (presse écrite, radio, télévision et Internet). Cela va de l'information régulière que nous transmettons à la presse (dossiers et communiqués de presse) à l'organisation d'une interview, aux négociations avec des producteurs pour des captations d'événements ou des films sur le travail de nos artistes, des diffusions radio des concerts, faire en sorte que l'information concernant nos clients soit régulièrement présente dans les médias et que les journalistes aient plaisir à suivre la carrière d'un artiste ou les saisons artistiques d'un lieu. Nous devons sensibiliser et fidéliser les journalistes. C'est une forme de partenariat ou de collaboration entre les journalistes, l'agent de presse et les personnalités ou institutions que nous représentons.

Nous nous adressons à des artistes, des directeurs artistiques et des directeurs d'institution. Le directeur d'une structure musicale est de plus un homme d'affaires, mais je le considère aussi comme un artiste, d'où le côté très affectif du métier. Nous contribuons à l'évolution d'une carrière ou d'un développement artistique. Mais n'oublions pas qu'il est aussi question de budgets, de remplissage de salle, d'élus locaux, de sponsors, de mécénat. Nos clients vivent une très forte pression car ils sont extrêmement sollicités. Il suffit de peu de chose pour que tout bascule. Il faut rester très pragmatique et avoir suffisamment de recul pour ne pas se laisser déborder par la pression de nos clients pour mieux gérer la nôtre.

Le fichier journaliste est bien sur notre "fond de commerce", il est régulièrement mis à jour. Nous devons savoir "qui fait quoi"; pour sélectionner l'information et l'adapter à chaque catégorie de journalistes en fonction de leur support. Il est important de ne pas se tromper de cible. Etre communiquant, entreprenant, organisé, réactif, flexible, savoir faire face aux imprévus, perspicace et connaitre la musique bien sûr.
Les journalistes sont très sollicités, donc nous devons donc être tenaces, mais pas trop, futés et à l'écoute de tout ce qui se passe. En la matière c'est notre bon sens qui prévaut pour proposer un plan de communication à notre client. Car avant de se lancer dans une campagne de communication presse, il faut déjà apprécier la personnalité et le talent de notre client.

Quand il s'agit d'un chanteur, je lui propose un plan de communication en fonction du projet qu'il m'a demandé de couvrir. Cela peut être du long terme comme le déploiement de sa carrière ou sa saison artistique mais également un événement ponctuel, une sortie de disque, une prise de rôle, un remplacement. Mais dans tous les cas de figure, j'ai toujours une ligne directrice à long terme même dans le cas d'un événement ponctuel. Je gère directement avec l'artiste mais en général je propose toujours une collaboration ou des échanges avec son agent, qui a le rôle le plus important dans l'évolution de la carrière de l'artiste.

En revanche pour les institutions, c'est un travail en collaboration avec le service communication en interne. Le plan communication est discuté ensemble et j'intègre mon plan presse à leurs projets en tenant compte de leurs partenariats avec les médias.

Nous proposons également les services de relooking et de conseils en image.

Viva Concertino a-t-il des partenariats pour mener à bien certaines missions ?

S'il s'agit de partenariats financiers, nous n'en avons aucun. Viva concertino est complètement autonome. Nous facturons des honoraires, pour une saison artistique, une sortie d'un disque, une production.

En revanche nous construisons de véritables partenariats d'échange avec des institutions pour prolonger la réciprocité de nos intérêts. Le relationnel est important dans notre métier, les relations presse sont aussi un métier d'influence. En France nous utilisons le terme attaché de presse, au Canada le métier est relationniste de presse. Ce terme me semble plus adéquat.

A titre d'exemple, mon client Conseil Québécois de la Musique m'a tout naturellement demandé il y a quelques mois de lui proposer trois journalistes français pour être membre du Jury "prix Opus 2009" à Montréal. C'est du service rendu qui n'entraîne bien sûr aucune facturation.

Parmi votre clientèle, vous annoncez les milieux de la musique, de l’opéra. La peinture est la grande absente. Est-ce un milieu business au fonctionnement différent ?

Viva concertino est une agence de relation presse dédiée à l'opéra, la musique classique et la danse. La peinture n'est pas absente de ma clientèle, je ne cherche pas de client dans ce milieu. Mon domaine d'activité est la musique et je ne m'aventurerai pas à écrire ou à valoriser un sujet que je ne maîtrise pas.

Comment voyez-vous le développement de votre agence Viva Concertino ?

Je vais vous surprendre, mais je n'ai aucun projet programmé de développement comme pourrait l'avoir une entreprise traditionnelle. Viva concertino existe depuis 11 ans, et je ne souhaite pas tomber dans la spirale de la course au chiffre d'affaires et encore moins "prendre pour prendre". Je souhaite continuer le développement de l'agence et pourtant je refuse régulièrement des budgets que je ne "ressens" pas.

Je travaille avec un conseiller financier et 2 personnes à la vacation. Nous discutons ensemble des projets et de la stratégie à adopter, mais je décide seule de la prise en charge ou pas d'un budget. Je souhaite rester présente auprès de mes clients. Cela peut sembler une méthode à l'ancienne, mais ainsi, je reste réactive et je peux rebondir très vite

Le monde des relations presses, surtout dans le monde des arts, donne l’impression de l’extérieur d’être un milieu assez fermé… est-ce une profession dans laquelle on peut se jeter facilement ?

C'est effectivement un environnement très fermé. Je pense qu'il y a ce quelque chose indéfinissable qui fait qu'au fur et à mesure et sans s'en rendre compte, nous rentrons dans une bulle et l'on s'y installe avec bonheur. Alors, se jeter facilement dans cette profession, c'est possible puisque c'est ce que j'ai fait, mais en revanche pour y être reconnue c'est beaucoup de temps et du savoir-faire. Il faut le vivre comme un métier qui nous apporte un enrichissement personnel et culturel et nous donne la chance de rencontrer et de côtoyer des personnes passionnantes comme les artistes, les spectateurs, les journalistes ou les directeurs de lieux.

Comment évaluez-vous le retour de votre travail, quels sont vos signes de reconnaissance? Avez-vous quelques exemples de satisfactions ou de déconvenue personnelles?

L'évaluation du travail pourrait être basiquemment le retour obtenu dans tous les organes presse. Notre repère est aussi, bien sur le nombre de papiers, mais plus encore la qualité des articles parus. Plus important est la participation de nos clients à des émissions de radio ou de télévision, les faire intervenir dans débats, une captation, un film sur leur travail, et faire la page de couverture d'un magazine. Et in fine le renouvellement d'un contrat presse et donc la fidélisation qui permet un travail à long terme.

Les grandes satisfactions personnelles, hors les retombées évoquées ce sont aussi bien sur la montée en puissance de la notoriété de mes clients, une salle de spectacle comble et à guichet fermé.

Toutefois le mérite revient au talent d'un artiste ou d'un directeur artistique, l'attachée de presse n'étant qu'un maillon de la chaîne du succès. Le maillon d'une chaîne, mais pas le moindre, loin de là car nous sommes la personne charnière qui contribuera à donner un autre souffle à une carrière.

Parmi les actions qui m'ont donné beaucoup de plaisir ou de satisfactions je citerai:

La première page de couverture d'Opéra Magazine que j'ai obtenue pour le baryton français Ludovic Tézier et aussi le reportage que nous avons fait sur son travail pour la chaîne Mezzo. Nous l'avons suivi dans son travail pendant une semaine au Liceu de Barcelone où il chantait Lescaut

L'organisation de la conférence de presse du spectacle "Le Chat noir" pour l'auditorium du musée d'Orsay. Une programmation très originale de Pierre Korzilius (directeur de la programmation de l'auditorium du Musée d'Orsay). Pour faire découvrir la reconstitution de ce spectacle en avant-première à la presse, j'avais invité les journalistes dans la Réserve des grands formats, au sous-sol du Musée d'Orsay, ce lieu d'exception, interdit au public. Nous leur avons présenté quelques saynètes ainsi que la manipulation des figurines en zinc et la technique d'animation des personnages en jeux d'ombre. Le retour presse a été formidable, passages aux Journaux télévisés de TF1 et France 3, articles de presse dans la presse européenne et internationale. Le public était au rendez-vous…

Et puis, un plaisir plus personnel. J'ai été récemment sollicitée pour la production d'un film qui sortira en juin 2010. "Où vas-tu Judith ?" de Sophie Daruvar et Yves Thomas, avec Isabelle Carré et Sergi Lopez dans les rôles principaux. L'agence Viva concertino a été retenue comme source d'inspiration, pour le rôle de l'attachée de presse d'une cantatrice, ainsi que pour la documentation et pour le décor du bureau. C'était très amusant.



Est-ce que votre rapport avec les artistes a été influencé par le développement des moyens de communication et l’éclatement des supports média, notamment avec l’avènement d’Internet ?

Non je ne pense pas qu'il y ait eu un changement dans mes relations avec mes clients Le développement des moyens de communication est positif pour tout le monde. Ce qui est important c'est comment et par qui l'information communiquée est retranscrite.

De plus, il y a de moins en moins de critiques et de comptes-rendus musique classique et opéra dans les grands supports papier. Sauf peut-être s'il y a achat d'espace… mais là je rentre dans la polémique…

Dès l'ouverture de l'agence, j'ai créé le site de l'agence Viva concertino (www.viva-concertino.fr). Avoir une vitrine sur Internet me semblait indispensable et prioritaire pour mes clients. Ce site, non commercial, leur est dédié, c'est un avantage pour eux qui a plutôt favorisé nos relations.




Les artistes lyriques, comme les musiciens, ont souvent des carrières internationales. Votre activité de relations presse déborde-t-elle de la stricte territorialité hexagonale ?

Oui, bien évidemment, mais pas assez à mon goût.
Depuis plusieurs années j'ai en charge, les relations presse du Conseil Québécois de la Musique. Le Conseil Québécois de la Musique représente des organismes musicaux et des artistes dans le domaine de la musique et du concert et offre à ses membres un soutien à leur gestion, promotion, diffusion, etc. C'est un concept très innovant sans équivalent en Europe. www.cqm.qc.ca

Je représente aussi des artistes ou des organismes culturels, membres du CQM lors de leur présence au salon Musicora à Paris (salon de la musique classique).

J'ai également en charge la presse du talentueux baryton québécois Jean-François Lapointe.
Je suis régulièrement au Québec…

En Europe j'ai organisé un voyage de presse pour la Philharmonie du Luxembourg.

De plus je suis souvent en déplacement, ne serait-ce que pour écouter "mes artistes" lorsqu'ils se produisent à l'étranger et pour organiser leurs rencontres avec les journalistes sur place et les assister pendant les interviews. Je profite de tous ces voyages pour rencontrer des clients potentiels, des journalistes, des artistes et tout simplement me faire connaitre.

Et puis, j'ai le sentiment que dans mon métier, il est plus facile de travailler à l'étranger, car les mentalités sont différentes. En Amérique du Nord l'agent de presse est un véritable partenaire, en Europe cela semble être une fonction plus superficielle. Grave erreur!!...

La ‘starisation’ est un phénomène qui touche beaucoup de sphères artistiques (comme, de plus en plus, la sphère politique). De votre position de relation presse, quelle lecture avez-vous du phénomène ? Les artistes des arts classiques sont-ils touchés de la même manière ?

Pour répondre à cette question, je vous citerai cette phrase parue dans la presse il y a quelques années, de Monsieur Alain Duault, éminent journaliste français "Pourquoi cette étrange loi - apparemment accentuée par notre époque - qui veut qu'on parle davantage de ce dont on parle déjà, et toujours moins de ce dont on ne parle guère?"

Tout est dit!!.

Bien sûr qu'il y a un glissement vers "le star-système ". Comme pour tout homme politique ou chef d'entreprise qui réussit, l'artiste est adulé par les médias. La difficulté est d'évoluer dans cet environnement et d'être suffisamment courtisant, mais pas trop…

Mais dès que cet artiste devient une vraie "star", il y a comme un glissement, dû au fait que le défrichement ayant été déjà fait, il pense qu'il n'a plus besoin qu'on le fasse connaître puisqu'il est connu… De ce fait, surtout en Europe, lorsque l'artiste est rentré dans la "starisation", il n'est pas rare que l'attaché de presse sorte de son environnement au profit de son manager, d'un membre de sa famille ou du service presse de son Label qui prend en charge la globalité de sa carrière et de sa communication.

Il suffit d'en avoir conscience pour ne pas avoir de désenchantement. Et puis le besoin de changement est naturel. Quoi qu'il en soit, il est extrêmement difficile pour un artiste de faire sa propre campagne de presse. Il a la sensibilité et la fragilité de son art et de son talent. Seul quelqu'un de l'extérieur a le recul pour le valoriser. Nous ne "vendons" pas un produit ou un service auprès des médias, nous mettons tout en œuvre pour promouvoir le talent d'une personne sans l'enfermer dans un cocon. Nous devons veiller aussi à ce que l'artiste soit régulièrement présent dans la presse sans qu'il soit l'objet d'agressions médiatiques.



 
novembre 2017
Dimanche 19 
Blandine Waldmann Pianiste
Eglise Américaine
Paris
février 2018
Jeudi 01 
Jean Francois Lapointe- Faust-rôle de Valentin
Opéra de Genève
mars 2018
Mercredi 21 
Richard Rittelmann " Romeo et Juliette" Gregorio
Opéra de Nice
France
Mercredi 21 
Romeo et Juliette (de Gregorio )
Opéra de Nice
France
Vendredi 23 
Jean Francois Lapointe- Herodiade, rôle d'érode
Opéra de Marseille
Marseille
         
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