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Paul Gay - Interviewé par Xavier Barnich pour Eurasian Finances
 

Eurasian Finance a rencontréle baryton basse Paul Gay qui nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions. Vous pourrez le retrouver prochainement dans deux rôles, Saint François d’Assise (de Messiaen) et Méphistophélès (Faust de Gounod).

Monsieur Paul Gay, bonjour, Pouvez vous nous presenter la naissance et le développement de votre passion pour le chant ?
J’ai commencé à écouter beaucoup de musique classique lorsque j’étudiais en classes préparatoires littéraires, et j’avais hérité d’une discothèque de mon grand père et le déclic pour moi fut la voix de Franz Crass chantant l’oratorio de Noel et Gurnemanz dans Parsifal : une envie de faire pareil ! J’ai intégré un chœur amateur qui se trouvait répéter près de chez moi, qui m’a pris tout de suite et de là, une envie irrépressible de chanter qui a pris le dessus sur tout ce que je devais faire : impossibilité de se concentrer sur quoi que ce soit d’autre : obsession du chant… de fil en aiguille !

Comment vivez-vous votre voix de baryton-basse ? Votre début de carrière a-t-il été impacté par cette tessiture que l’on retrouve majoritairement dans des rôles d’hommes mûrs ?
J’ai longtemps porté la barbe pour faire « plus vieux » que mon âge, et encore aujourd’hui, à 42 ans j’entends des expressions comme « le jeune baryton basse » ! Mais il est vrai qu’il est difficile de se faire une place et de chanter des grands rôles au début, à part Mozart ! C’est pourquoi également je suis parti en Allemagne en troupe, ce qui m’a permis de chanter ces rôles et de murir mon chant !

On pense souvent que l’expérience d’un artiste se mesure au résultat que l’on entend. Mais sans doute, perçoit-on peu l’évolution de la préparation de l’artiste par rapport à ses rôles..? Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Nous sommes de perpétuels étudiants et notre expérience est la somme de tout ce que nous étudions au cours de notre carrière. Un chanteur expérimenté est un chanteur qui se connait, qui sait comment il apprend plus vite, plus efficacement, qui connait ses défauts et ses qualités, et à force d’expérience, le travail est plus facile qu’avant même si certains rôles posent parfois de nouveaux défis ! La vie se charge également de nourrir l’interprétation et un chanteur expérimenté, c’est aussi un homme expérimenté !

Dans le Saint-François d’Assise de Messiaen (ndlr. : au Staatsoper de Munich en juillet), vous incarnez le rôle éponyme. Transmettre la puissance d’un tel personnage serti dans une œuvre somme toute assez récente est-il un défi pour vous ?
Messiaen a écrit une œuvre très puissante et je lui fais confiance pour m’aider dans cette tâche ! Une œuvre récente, c’est une œuvre où il y a peu de références, donc il faut trouver son interprétation tout seul, ce qui est parfois plus intéressant que de piocher chez les autres ! J’aime travailler ainsi !

Vous retrouverez plus tard dans l’année Roberto Alagna où, en Méphistophélès, vous lui répondrez dans le Faust de Gounod. Vous passerez donc d’un rôle charismatique positif à un rôle tout autant charismatique mais bien plus diabolique… Pensez-vous que la subtilité de l’interprétation qui est demandée à un chanteur d’opéra diffère de celle d’un acteur ?

Je me réjouis de partager la scène avec Roberto Alagna qui est l’un des grands ténors d’aujourd’hui et un grand interprète de Faust, les rôles diaboliques sont très jubilatoires à interpréter et je me fais une joie de retrouver Méphistophélès ! Notre interprétation est dictée en partie par la musique qui nous donne des nuances, des notes, un tempo, et par là-même oriente notre interprétation, alors que les acteurs doivent écrire eux-mêmes tout cela, avec le metteur en scène. Ce qui ne veut pas dire que nous ne sommes pas des acteurs, car sur la scène, il faut incarner le personnage de la même manière et la personnalité de chaque chanteur transparait dans la voix. Nous avons juste une autre façon d’interpréter, peut-être plus indicible, plus subtile encore que les acteurs, car nous devons parfois nous exprimer entre les lignes de la portée !

Vous êtes un artiste duquel on parle de plus en plus, et peut-être ne voit-on de vous que le baryton-basse… Existe-t-il un autre rapport que vous développez vis-à-vis de votre art ?
Baryton basse, c’est un emploi opératique, qui s’attache à une typologie de rôles qui est proche de ce que je sens pouvoir exprimer dans ma personnalité. Je cherche surtout à pouvoir transmettre les émotions de ces rôles et à vraiment incarner les personnages ; je suis très attaché au travail d’acteur et j’apprécie les metteurs en scène qui savent valoriser ce que les artistes peuvent apporter de par leur personnalité. J’ai une approche qui est avant tout liée au texte, à raconter une histoire, c’est aussi pourquoi j’apprécie beaucoup le lied et la mélodie où on doit en plus de chanter joliment, captiver un public en lui racontant quelque chose.

Dans les milieux de l’entreprise, l’attention portée aux ressources humaines est de plus en plus importante… Dans le domaine artistique, assiste-t-on au même soin dans les castings ? Pensez-vous que l’on devrait laisser une plus grande place aux artistes pour intervenir dans le choix de leurs partenaires ?
Evidemment, le casting est capital pour réussir une bonne production d’opéra. Aujourd’hui, il y a peu de directeurs de casting qui ont une vraie science et culture du chant lyrique, le casting est dominé aujourd’hui par le monde de l’image, parfois au détriment d’un équilibre vocal et musical. Le casting est un domaine qui me passionne : lorsque j’entends des collègues, j’imagine toujours comment je les emploierais si j’étais dans cette position et je pense avoir une bonne oreille et culture pour cela. En tant qu’artiste, à moins d’être une star mondiale, on ne vous consulte pas sur le choix de vos partenaires, mais certains refusent de chanter avec d’autres où font des suggestions en disant qu’ils trouveraient cela fantastique de chanter avec tel ou tel autre, et si on veut vraiment les avoir, alors parfois on tient compte de leurs suggestions !

Les plans de carrière chez les artistes sont parfois difficiles à prévoir. Pourtant, y a-t-il de nouveaux défis que vous aimeriez concrétiser dans les prochaines années ?

Il y a différentes échelles de plans de carrière : le moyen terme et le long terme : à moyen terme, c’est de rechercher et d’accepter des rôles qu’on se sent de chanter à cette échéance et qui permettent une évolution de la voix vers les emplois que l’on imagine à plus long terme. Il y a des rôles que je souhaiterais aborder à moyen terme comme Jochanaan, Amfortas, Boris Godounov, Philippe II. Et d’autres a plus long terme comme Barak, Hans Sachs ou Scarpia.

A parcourir les représentations que vous avez déjà données, on remarque malgré tout un bon nombre d’interprétations d’œuvres récentes. Comment qualifieriez-vous le rapport que vous entretenez avec le répertoire actuel ?
Même si la majorité de mes engagements sont dans le répertoire classique que j’affectionne particulièrement, comme Don Giovanni, Méphisto ou Golaud, je suis très intéressé par la musique d’aujourd’hui si tant est qu’elle soit écrite dans un vrai souci opératique , dramatique et vocal. J’ai eu la chance de chanter du Liebermann et de créer un opéra de Boesmans(Yvonne), et tous deux sont de grands compositeurs d’opéra, qui motivent chaque note par le souci de l’expression dramatique! St-Francois d’Assise de Messiaen est un cas à part : « scènes franciscaines » est le sous titre, il s’agit presque d’une mise en drame d’un Oratorio géant !

Selon vous, ces pièces modernes pourraient-elles, si elles étaient mieux mises en évidence sur le plan de la promotion, permettre à l’opéra de quitter l’image d’un art des siècles passés ?

L’opéra, et l’art lyrique en général est quoi qu’on en dise un art du passé, régi par des conventions : celle d’un art du chant transmis à travers les générations, et même s’il s’adapte plus ou moins au goût vocal d’une époque, il reste relativement figé. Et c’est très bien comme ça. Aujourd’hui, on cherche surtout à le moderniser par des mises en scènes innovantes plus ou moins réussies. Selon moi, mieux vaut un bon vieux Rigoletto classique qu’un mauvais Fidelio moderne ! Mais mieux vaut un bon Cosi fan tutte moderne qu’un Faust poussiéreux ! Ce n’est qu’une question de choix des maîtres d’œuvre et des projets ! En réalité, si on projette l’opéra dans le monde moderne, le véritable héritier de l’opéra, c’est la comédie musical
Lien vers l\'interview de Xavier Barnich pour Eurasian Finances



 
Paul Gay 2898

février 2017
Dimanche 19 
Jean-François Lapointe- Tannhauser
Salle Garnier
Monte Carlo
Mercredi 22 
Jean-Francois Lapointe Tannhauser (Wolfram)
Opéra de Monte Carlo-Salle Garnier
Monaco
         
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