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Entretien avec la soprano Omo Bello, nominée pour les Victoires de la musique classique
 

L’histoire d’Omo Bello est avant tout celle d’un destin hors du commun, d’une fille touchée par la Grâce et d’une intelligence rare. Née au Nigéria, passionnée de chant, rien ne la prédestinait à parcourir le monde. Après une solide formation universitaire en biologie cellulaire et génétique, à Lagos, Omo Bello décide de se consacrer entièrement à la musique et part étudier en France. De bonnes fées l’ont guidé, elle qui ne parlait pas un mot de français, ni ne connaissait une note de solfège !
Lauréate de nombreux et prestigieux concours internationaux, elle fait l’unanimité de la presse musicale, tout particulièrement élogieuse à son sujet. Omo Bello est nominée pour les Victoires de la musique classique 2014 dans la catégorie « Révélations lyrique de l’année » au côté du ténor Stanislas de Barbeyrac et du baryton Mathieu Gardon. Sera-t-elle consacrée « nouvelle révélation des Victoires de la Musique 2014 ? (La cérémonie des Victoires est diffusée sur France3 en direct depuis le Grand théâtre d’Aix-en- Provence, le Lundi 3 février 2014).

orphee et euridice reduction
Vous vous êtes fait beaucoup remarquée ces derniers temps !
C’est vrai !, après avoir chanté Barberine, la Comtesse et « La Petite messe Solennelle » à l’Opéra de Montpellier, Jeanne dans « La Vivandière » au Festival de Radio France, « La Messe de Ste Cécile » de Gounod au Festival du Vigan ; Juliette à Tours et Donna Anna à Tours et à Reims ;

Vous avez eu également de nombreux prix nationaux et internationaux, vous êtes ambassadrice du Rotary Club, comment vous expliquez ça ?
Pour commencer, beaucoup de travail… beaucoup de belles rencontres et croire tout simplement à sa bonne étoile. Je crois que j’ai beaucoup de chance et je suis très consciente de ça !

Cela dit, j’ai appris par un site internet nigérian, que vous aviez de beaux atouts en main car votre père est architecte là-bas…
Oui, il y a construit beaucoup de bâtiments universitaires, mais aussi des tours, des hôtels… Il est aujourd’hui à la retraite mais continue de travailler en free-lance…

On peut donc dire que vous êtes née dans les beaux quartiers de Lagos, dans un environnement très privilégié ?
Non, plutôt issue de la classe moyenne nigériane. On ne peut pas dire que nous avions tout ce que nous souhaitions, mais tout ce dont nous avions besoin.

Est-ce que vous écoutiez de la musique classique chez vos parents ?
Un peu, mais pas plus que ça en fait. Il y avait, en gros, « Les Trois Ténors »… et j’ai entendu souvent, à la télé nigériane, le « duo des Fleurs » de Lakmé parce que c’était la musique d’une publicité de British Airways qui a longtemps passé en boucle… J’écoutais aussi Renata Scotto et Ileana Cotrubas, pour ce qui est des voix de femme.

Et tout cela vous a fasciné ?
Exactement, mais de manière générale, la musique et le chant. Les « Musicals » américains… comme par exemple« The Sound of Music ».
Est-ce que ce sont ces comédies musicales qui vous ont donné cette joie de vivre qui est en vous ?
Oui, car il n’y a pas dans cette musique le côté très sérieux de l’Opéra, c’est de fait beaucoup plus gai et léger… Elles m’ont donné la joie pour chanter quand j’étais petite…

Vous aviez un professeur de chant à Lagos ?
Ma professeur de chant était pianiste dans une petite école de musique à Lagos. Il n’y a pas là-bas, ni de conservatoire, ni d’opéra. Elle. ne connaissais pas vraiment la technique du chant, puisqu’elle était pianiste et qu’elle m’enseignait surtout les gammes. Inscrite à l’université de Lagos, j’ai étudié la biologie cellulaire et la génétique, je chantais également à l’église et je jouais de plusieurs instruments aussi ; La musique était donc plus un loisir et cependant quelque chose de très passionnel pour moi.

Votre professeur avait-elle été formée en Europe ?
Oui en effet, à la Royal Academy of Music de Londres, mais seulement comme pianiste…



OMO BELLO PORTAIT
Elle avait donc un bon niveau…
Oui, « avait », car elle est âgée maintenant… elle a travaillé très longtemps pour la Radio nigérienne et c’était une bonne musicienne.

J’ai lu aussi que votre père était très effrayé quand vous lui avait parlé de faire carrière en tant que chanteuse lyrique…
Oui, mais il ne s’est pas opposé au fait que je prenne des cours de musique tant que ça n’interférais pas, en termes de résultats, sur mes études universitaires. Mais j’étais bonne élève et j’ai pu tout mener de front, en allant à la Fac la journée, puis prendre mes cours ensuite, parfois jusqu’à très tard le soir.

J’ai lu également que vous avez eu la chance de rencontrer l’attaché culturel à l’Ambassade de France du Nigéria et qu’il a fait beaucoup pour vous ensuite.
Exactement, il s’appelle Jean-Yves Gilon, et il est actuellement dans une autre ambassade, à New Dehli. Je suis resté en contact avec lui et me dit souvent que je suis la plus grande réussite de sa carrière (rires…).

C’est lui qui s’est démené pour que vous puissiez venir à Paris ?
Oui, c’est qu’il était de passage dans mon école de musique. Nous avions donné un concert en son honneur. Nous étions quatre, un pianiste et un saxophoniste, deux chanteurs dont moi. Il y avait seulement 3 ou 4 personnes dans la salle, ma voix l’a ému… et il a mis des moyens en œuvre pour me faire venir étudier le chant à Paris.

Et cela s’est mis en place rapidement ?
Je l’ai rencontré en 2004, j’étais alors en quatrième année à la faculté de biologie. Il s’est proposé immédiatement, si j’étais assez motivée pour poursuivre dans cette voie, de me faire inviter par le gouvernement français.

Je suis d’abord venue une semaine en France pour passer des auditions et savoir si, selon des professionnels, j’avais assez de talent avant d’aller plus loin dans cet engouement. J’ai eu des retours élogieux, mais on m’a dit qu’il me fallait beaucoup travailler car je ne connaissais pas… le solfège, ni la technique vocale.

omo bello manteau rouge TCE
A Lagos, vous n’aviez pas appris le solfège…vous chantiez donc à l’instinct ?
Disons que j’avais une très bonne oreille, mais il me fallait en effet apprendre l’analyse musicale, mais aussi la langue française. Je suis donc retourné ensuite un an au Nigeria afin d’obtenir mon diplôme universitaire, pour plaire à mon père d’une part, mais aussi pour ne pas avoir le sentiment d’avoir perdu trois années de ma vie à étudier pour rien.

Vous aviez quel âge à cette époque ?
J’avais seulement 21 ans ayant commencé mes études universitaires très tôt. Ce n’est pas si extraordinaire, car j’étais dans une école favorisée, et d’ailleurs toutes mes camarades de classe sont aujourd’hui médecins, ingénieurs après avoir fréquenté Harvard ou Oxford. De mon côté, c’est en 2005 que j’ai obtenu ma bourse pour venir étudier en France.

Et là, c’était pour vous un saut dans l’inconnu ?
Oui, dans le vide total, je ne connaissais personne en France, ni amis, ni famille et pas plus la langue française.

Vous êtes arrivée à Paris ?
Non, d’abord à Toulouse, avant Paris, car il y avait un CESMD là-bas, où j’ai appris les bases avant de pouvoir rentrer au CNSM de Paris, ainsi que le français dans une Alliance française.

Quels ont été les autres bons coups du destin ensuite ?
Beaucoup de personnes importantes sur mon chemin. En premier lieu, mon agent, Thérèse Seydelle que j’ai connu par l’intermédiaire de la femme du directeur de l’Opéra de Nice… que j’avais rencontré lors d’un concert caritatif… comme quoi tous les concerts sont importants (rires…).
Cela a été très compliqué pour de se voir au début, car c’est quelqu’un de très occupée. Mais après trois occasions ratées, elle m’a finalement écouté sur Youtube et a été touchée par ma voix. J’ai été finalement invitée à une audition…

De vous, il y a deux très belles choses sur le net. D’abord, une participation et 1er prix au Concours Pavarotti, ainsi qu’un autre concert, où vous chantez l’air de Blanche Dubois dans « A streetcar named Desire » d’André Prévin…
Oui, le reste, il faut que je le fasse enlever, car je n’en suis pas contente !

Sinon, vous avez eu d’autres bonnes fées ?
Oui, essentiellement des fondations qui se sont très vite intéressées à moi, notamment la Fondation Bettancourt Schueller qui m’a beaucoup aidée ou encore, par exemple, l’attachée de presse de l’association des Mécènes du CNSM de Paris… Il y a toujours eu des gens autour de moi qui ont cherché à me soutenir…et c’est ça qui m’encourage beaucoup aussi.

omo bello 7
Pour La Vivandière, c’est Jean-Pierre le Pavec lui même qui est venu vous chercher ?
En fait, il m’a entendue lors d’une audition et il faut croire que ma voix lui a plu. Mais c’est Jean-Paul Scarpitta qui m’a offert le plus de rôles : « Barberine » à Montpellier, mais également le rôle de la « Comtesse », toujours dans le Nozze de Figaro. Il m’a aussi proposé « Juliette » ainsi que « Donna Anna ».

Vous avez un professeur de chant pour vous faire progresser ?
Oui, j’en ai eu plusieurs dans ma carrière. Évidemment ceux du Conservatoire quand je suis arrivée en France, puis des Maîtres très connus, rencontrés lors de Master class, comme Teresa Berganza ou Ileana Cotrubas puis d’autres…
Actuellement, Michel Wolkowitsky est mon principal chef de chant. Il a étudié la sophrologie et m’apporte beaucoup pour ce qui est de la technique du souffle, du soutien… Cela a été très important pour moi pour aborder le rôle de la « Comtesse » quand on sait que le premier air peut s’avérer redoutable à ce niveau là, pour une chanteuse.

Il a des projets pour vous ?
Cela fait un peu plus d’an que nous travaillons ensemble. Il m’a fait travailler ma première « Donna Anna » à Tours et à Reims en octobre 2013 et nous préparons ma prise de rôle dans la « Traviata » à Montpellier, en juin prochain, dirigé par Martin-Fischer Dieskau. Ensuite encore, toujours en juin 2014 « Elvira » dans L’Italienne à Alger au Théâtre des Champs-Elysées sous la direction de Sir Roger Norrington. Cela fait déjà beaucoup de défis !

Il vous fait également travailler le répertoire sacré dont il est un des spécialistes…
Oui, j’ai chanté « la Messe de Ste Cécile » de Haydn au Festival du Vigan. Ce n’est pas spécialement mon domaine de prédilection, mais j’estime que chanter la musique sacrée est important car c’est la santé de la voix ; Elle aide à garder sa voix dans sa jeunesse et dans sa flexibilité.

Avant d’aborder un rôle, écoutez-vous les grandes versions discographiques ?
En premier lieu, je me penche sur la partition, puis j’écoute plusieurs versions en effet ! Je me laisse influencer et j’imite très facilement… mais bon ! on a droit de voler des choses par-ci par là, c’est courant et accepté (rires…).
Quels rôles aimeriez-vous que l’on vous propose à l’avenir ?
Déjà, j’aimerai réussir les rôles que je vais aborder tout prochainement… C’est très bien que ce soit dans des opéras de Mozart et de Rossini pour entretenir la souplesse de ma voix. Par la suite, je souhaiterai m’orienter vers les grands rôles du répertoire italien du XIXème siècle, comme par exemple, « Manon Lescaut », « Desdemona » et un jour, j’espère « Aïda »… !

Comment êtes-vous venue à enregistrer Des knaben wunderhorn ?
2012 était l’année Gustav Mahler. Grâce à cela, j’ai pas mal chanté de lieder mais aussi sa quatrième symphonie, sous la direction de Julien Guénehaut qui est à la fois, pianiste et chef d’orchestre. Nous avons ensuite enregistré ce CD piano/voix pour le label « Eloquentia »
Au départ, nous avions prévu une captation « live », mais cela s’est fait finalement en studio.

Vous avez un autre projet discographique ?
Oui, une intégrale d’opéra cette fois-ci, mais le choix du titre n’est pas encore arrêté…

Ma dernière question… Vous posez-vous déjà la question de la transmission de votre savoir, notamment dans votre pays ?
Oui, j’ai déjà cela en tête, mais quand je serais allez au bout de mes rêves et que j’aurai une carrière derrière moi. Cela dit, j’ai déjà donné beaucoup de concerts en Afrique pour promouvoir la musique classique là-bas, mais c’est encore un peu trop tôt pour moi d’être dans la transmission.

Propos recueillis par Michel Pavloff




 
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