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Omo Bello est l'invitée de Sarah Tisseyre sur RFI
 
Omo Bello, une soprano au destin hors du commun

orphee et euridice reduction
Cette soprano de 29 ans originaire du Nigeria est une des trois artistes nominées aux Victoires de la Musique Classique, qui seront décernées le 3 février prochain en France, dans la catégorie Révélation lyrique.

Omo Bello n'avait pourtant jamais pris de cours de technique vocale quand, il y a huit ans, elle a quitté Lagos pour aller étudier la musique en France… Elle a participé cette semaine à un concert au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.

« Je n’aurais pas imaginé, enfant, devenir cantatrice », dit Omo Bello, dont la coupe afro est retenue en arrière par un bandeau. Née dans la classe moyenne du Nigeria, d'un père architecte et d'une mère avocate, elle était destinée à étudier en vue d’un métier plus classique. Cinq ans après le Bac, la jeune femme a d’ailleurs décroché à Lagos un diplôme de biologie cellulaire et génétique. Surtout, explique-t-elle, « au Nigeria, il n’y a ni conservatoire ni opéra. Donc, je ne pouvais pas imaginer prendre pareille voie, même si j'aimais passionnément chanter ».

« Tout son temps libre à la musique »




omo bello avec sa pianise
Car aussi loin que se souvienne son père, John Bello, joint par téléphone à Lagos, Omo a toujours chanté : « Il est arrivé plusieurs fois, dit-il, que des voisins me demandent en passant devant chez nous : mais d’où vient cette belle voix ? »

Enfant, Omo apprend par cœur les paroles des comédies musicales qu’écoute sa mère, de My Fair Lady à Mary Poppins en passant par La Mélodie du Bonheur. « J’embêtais tout le monde en chantant constamment », dit-elle, un large sourire aux lèvres.



Son initiation à la musique classique est plus tardive. Lycéenne, elle est marquée par " les Trois Ténors" : Placido Domingo, José Carreras et Luciano Pavarotti.
« Mais c’est à l’église que s’est produit le vrai choc, explique-t-elle, comme pour la plupart des chanteurs classiques africains, puisqu’on y pratique le chant choral ». A l’église, Omo se voit petit à petit confier les rôles de solistes, dans Le Messie de Haendel, par exemple, ou dans La Création de Haydn.

De plus en plus passionnée, elle s’inscrit dans une petite école de musique de Lagos, la « Musical Society of Nigeria », et mène une double vie pendant ses cinq années d’université : les études le jour, la musique le soir. « Omo consacrait tout son temps libre à la musique, se souvient Adebanke Ademola, son professeur. Elle était très perfectionniste : nous pouvions travailler trois heures d’affilée ». Mais l’enseignante est pianiste, et elle n’est par conséquent pas vraiment en mesure de lui transmettre la technique vocale.

Une rencontre a bouleversé sa vie

C’est en 2004 que son destin bascule, lors d’une visite de l'attaché culturel de l'Ambassade de France à l’école de musique. Un mini-concert est improvisé pour le diplomate, Jean-Yves Gillon. Celui-ci raconte qu’il a « vu arriver une jeune nigériane, en jupe mal taillée de lycéenne et chemisier blanc. (…) Et dans cette petite salle donnant sur un terrain vague de Lagos, poursuit il, elle a entonné un air de Haendel… Sa voix, et son naturel, m’ont tellement ému que j’étais au bord des larmes ».

Le diplomate organise alors pour Omo une semaine d’auditions dans des conservatoires français. Il veut s’assurer auprès de spécialistes que son intuition est la bonne, et qu’il peut attribuer une bourse à la jeune femme pour venir étudier la musique en France. « Les professeurs que j’ai rencontrés disaient tous que ma voix était absolument ravissante, qu'il y avait du talent, mais aussi beaucoup de travail à faire », conclut Omo Bello dans un éclat de rire.
Fière d'être arrivée là

Il est alors décidé de l’accueillir au Conservatoire de Toulouse, dans le sud de la France. John Bello avoue qu’il a été inquiet de voir sa fille changer de vie. Mais il ajoute : « Elle est très déterminée. Et je me disais qu'elle arriverait à ses fins. Et puis, je ne sais pas si ça lui vient de sa mère ou de moi, mais quand elle a décidé de faire quelque chose, il est inutile d’essayer de la convaincre d’y renoncer ». Omo, elle, n’hésite pas : « j'étais tellement passionnée que je me fichais même de quitter mon pays, ma famille, explique la soprano, en simple robe de laine et bottes aux pieds pour affronter l'hiver parisien. La musique était toute ma vie, et j'ai travaillé comme une folle ».

En effet, il lui faut apprendre le français, la technique vocale, le solfège, entre autres, et se forger une culture musicale… « Je suis arrivée en France à 21 ans, souligne-t-elle, et je me suis retrouvée avec des gens qui étudiaient la musique depuis l'âge de 5 ans ! » Mais l’envie et la rigueur scientifique aidant, elle parvient au fil des ans jusqu’au Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse de Paris : le summum pour tout musicien en formation en France.


Premier prix Luciano Pavarotti (2010), prix Arca d’Oro (2013)… Les choses s’accélèrent depuis deux ou trois ans pour Omo Bello. Elle chante en 2012 la partition de la Comtesse des Noces de Figaro avec l’Opéra national de Montpellier, et passe ainsi des rôles secondaires aux premiers rôles. Elle se mettra notamment en juin prochain dans la peau de Violetta dans La Traviata de Verdi.

OMO BELLO PORTAIT
Michel Wolkowitsky, pédagogue de la voix, la prépare à ce rôle que toutes les grandes sopranos ont interprété. Il se dit « impressionné par la capacité de travail d’Omo. Elle a la volonté d’aller au bout des choses, et c’est une très belle voix, naturelle, avec tout ce que sa culture africaine peut apporter de chaleur et de timbre cuivré ». Et de poursuivre : « c’est une belle rencontre artistique et humaine, parce qu’avec elle on rit beaucoup aussi ».

Son agent Thérèse Cédelle, impresario de Nathalie Dessay, entre autres, lui prédit également une carrière internationale. Omo Bello, elle, savoure déjà d’avoir été retenue parmi les nominés de la catégorie Révélation lyrique des Victoires de la Musique Classique 2014, qui seront décernées le 3 février. C’est un coup de projecteur sur sa jeune carrière, et la cantatrice se dit fière d’être arrivée là après ces années d’intense travail. Elle s’est vu accorder la nationalité française il y a deux ans, mais elle se dit fière aussi pour son pays natal : « Il n’y a pas encore eu de chanteur d’opéra nigérian sur les scènes internationales… ».

Omo Bello rêve par ailleurs de voir se construire un conservatoire au Nigeria un jour. « La musique classique et l'opéra ne sont peut-être pas très répandus au Nigeria, dit elle. Mais ce n’est pas faute de trouver des amateurs : j'ai chanté pour des concerts à Abuja entre 2007 et 2011, et la salle était debout à applaudir à tout rompre. La musique classique, comme les autres, est un langage qui parle à tout le monde ».
 
février 2017
Dimanche 19 
Jean-François Lapointe- Tannhauser
Salle Garnier
Monte Carlo
Mercredi 22 
Jean-Francois Lapointe Tannhauser (Wolfram)
Opéra de Monte Carlo-Salle Garnier
Monaco
         
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