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L' interview de Jean-François Lapointe par Daniel Turp, Québec
 

Le matériau principal de l’opéra, c’est l’être humain (Jean-François Lapointe)


Parmi les artistes qui font honneur au Québec sur les grandes scènes lyriques du monde, il faut compter le baryton québécois Jean-François Lapointe. La saison de chanteur de celui-ci se termine ce soir avec la dernière représentation de Didon et Enée d’Henry Purcell produite par l’Opéra de Lausanne et qui se transporte à Vichy pour sa dernière représentation. Il y tient le rôle d’Énée et, dans un entretien qu’il m’a accordé cette semaine, il m’a dit avoir particulièrement apprécié ses retrouvailles avec l’opéra baroque et le rôle qu’il avait interprété à l’âge de 19 ans à la faculté de musique de l’Université Laval. Mais, cette saison a commencé avec Pelléas et Mélisande de Claude Debussy au Teatro dell’Opera di Roma, l’a amené à Paris pour chanter dans Fortunio d’André Messager à l’Opéra comique et dans Falstaff de Giuseppe Verdi au Théâtre des Champs-Élysées ainsi qu’au Nederlandse Opera où Les Troyens d’Hector Berlioz l’ont mobilisé.
Il me dit avoir aimé en particulier sa saison en raison de la rencontre d’êtres humains avec lesquels il a eu du plaisir à travailler. « Le matériau principal de l’opéra, c’est l’être humain », me confie-t-il en m’indiquant qu’il apprécie travailler avec des chefs, des metteurs en scène et des interprètes qui donnent de l’importance à la qualité des rapports humains dans l’exigeante tâche de préparation et de présentation des opéras. Il a particulièrement apprécié le chef français Louis Langrée et le cinéaste, devenu metteur en scène, Denis Podalydès, qui ont fait de la production de Fortunio à l’Opéra comique une expérience humaine. Il a aimé partager la scène avec sa compatriote Marie-Nicole Lemieux dans Falstaff, comme il a estimé tout autant l’imagination que l’humanité du metteur en scène de Didon et Énée, le catalan Cisco Aznar.

La saison lyrique de Jean-François Lapointe ne prend toutefois pas fin ce soir. Il rentre au pays, son pays du Québec, pour assurer la direction musicale de la production de Carmen à l’Opéra-théâtre de Rimouski. Ayant obtenu une formation en direction d’orchestre et ayant assuré la direction musicale de plusieurs productions de la Société d’art lyrique du Royaume dont il a été également le directeur artistique pendant 7 ans, il me dit qu’il s’agit pour lui d’une vraie passion. Il est d’ailleurs très reconnaissant au directeur Claude-Robin Pelletier d’avoir donné suite au projet de produire Carmen dans la version urtex de l’Édition Schott. Cette version correspond à celle qui a été utilisée pour les premières répétitions scéniques de l’opéra et qui est la seule à avoir été sanctionnée par le compositeur et les librettistes. Les dialogues parlés y tiennent une place plus importante et tendent à rappeler que Carmen a été conçu comme un opéra comique. Il s’agit d’ailleurs, selon lui, d’une première en Amérique du Nord, cette version de Carmen ayant par ailleurs été donnée en France, en Allemagne et au Japon.

Jean-François Lapointe s’intéresse par ailleurs à l’avenir de l’opéra au Québec et est « confiant sur la tournure des événements ». L’Opéra de Montréal est sur la bonne voie après des moments difficiles et, avec son projet de festival international d’art lyrique, l’Opéra de Québec a le vent dans les voiles. Il vante d’ailleurs les mérites du directeur général et artistique de la compagnie lyrique de la capitale nationale Grégoire Legendre qui a fait des choix artistiques audacieux. Il croit par ailleurs que le Québec devrait s’intéresser davantage à l’opéra français. Sous Charles Dutoit, l’Orchestre symphonique de Montréal a été qualifié de meilleur orchestre français au monde. « L’Opéra de Montréal ne pourrait-elle pas devenir la mecque de l’opéra français au monde », plaide-t-il de façon éloquente. À la suggestion qu’il faudrait aussi inventer un opéra québécois de langue française, il se montre intéressé, tout en soulignant sa préférence pour des oeuvres qui privilégieraient la dimension mélodique de l’art lyrique.

Jean Francois lapointe Didon et Enée
D’ici la première de Carmen à l’Opéra-théâtre de Rimouski, vous pourrez entendre l’Énée de Jean-François Lapointe dans la production de Didon et Énée d’Henry Purcell à l’Opéra de Lausanne sur les ondes de la chaîne Espace 2 de Radio suisse romande le 26 juin prochain à 20 h (heure de la Suisse…romande !). Vous pourrez l’écouter en direct en vous rendant sur le site de RSR-Espace 2 l’adresse http://www.rsr.ch/#/espace-2.
Jean François Lapointe sera au pupitre pour la direction d'orchestre de Carmen, à la salle Desjardins Telus de Rimouski les 2, 3 et 4 juillet à l’Opéra-théâtre de Rimouski dont je vous parlerai plus longuement dans le blogue lyrique de la semaine prochaine.

Daniel Turp
Source : Le blogue lyrique de Daniel Turp (12 juin 2010 (No 2010-23)

le blogue lyrique de Daniel Turp
 
         
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